|
Compagnie |
L’auteur
Louis
Calaferte est né en 1938 dans les faubourgs de Turin. Sa famille immigra
en France, à Lyon, où il passa son enfance dans la zone. Il chercha la
lumière au cœur de la misère, de la violence, du sexe et du sang.
Ses
récits littéraires sont marqués par son aventure intérieure :
« Mon travail n’est en fait qu’un journal déguisé. » Il
plaçait l’existence comme seul fondement de la création, de la réflexion,
de la connaissance. Tout ce qui n’était pas basé sur l’expérimentation,
sur le ‘vrai expérimenté’, relevait pour lui de la malhonnêteté,
de l’imposture.
Censuré,
interdit par ceux qui ne soulignèrent que le côté sombre de son œuvre
– noirceur, misanthropie, pornographie – Louis Calaferte reçut le
Grand Prix National des Lettres en 1992 et fut nommé Chevalier de
l’Ordre National du Mérite en 1993 par ceux qui reconnurent l’autre
versant de sa pensée : spiritualisme, mysticisme, célébration de
la beauté. Louis Calaferte est décédé le 2 mai 1994.
La pièce
Un
riche, trois pauvres
a été écrit en 1986. Calaferte y expose une multitude de personnages à
travers diverses situations. Son sens de la dérision et la violence de
son expression s’entremêlent dans des visions, politiquement
incorrectes, de l’espèce humaine.
Dérision,
violence, humour, poésie, exubérance et désespoir… se croisent dans
des scènes de vie, sur un rythme élevé et chaotique.
Au générique
Mise
en scène :
Les Crieurs de Nuit et Didier Villermin
Comédiens
: Véronique Mangenot
/Christian
Magnani
/Etienne
Guillot
Musicien
: René Leborgne
Lumières
:
Jérôme Poinsignon
Films
d'Animation :
Christophe
Houde
Note de mise en scène
Si
cette pièce est un divertissement, elle se reçoit aussi com
me une gifle,
une réflexion profonde, même inconsciente, sur les rapports humains et
sur notre volonté de vivre en société, malgré les absurdités de notre
système et la destiné fatale de nos existences.
Le rire y est grinçant,
le sens de la dérision et la violence de l’expression de Calaferte sont
omniprésents.
Nous
avons axé notre travail sur le déséquilibre. Une asymétrie qui
viendrait troubler notre besoin d’harmonie, la symétrie établie.
Nous
avons cherché ce déséquilibre dans les liens qui relient les
personnages, à l’intérieur de chaque situation de manière exclusive
et à la fois au système qui englobe ces situations.
Ainsi, au fil des répétitions
s’est insérée dans notre espace la présence d’une corde, image de
la règle imposée par un système donné. Elle relie autant qu’elle
entrave. Elle rassure autant qu’elle agresse.
Nous avons voulu également laisser une grande place à la musique. Ainsi
sur scène, René Leborgne, accompagne chaque séquence de ses
percussions rythmées.
Plonger
dans l’univers de Calaferte, c’est travailler à cœur ouvert, s’écarter
du sens commun, s’approcher au plus près du magma de genre humain.
|