La Déesse Lare

Andrée Chédid

2003

       

       
Compagnie

L’auteur

Andrée Chédid est née au Caire le 20 mars 1920, elle y passera toute son enfance. Elle fait des études dans des écoles françaises, puis à l’Université américaine du Caire. En 1942 elle part vivre durant trois ans au Liban avec son mari. Après cette période elle s’installe définitivement à Paris. C’est après son arrivée en France qu’elle commence à publier des recueils de poèmes : Textes pour une figure (1949) ; Textes pour un poème (1950) ; La terre regardée (1957) ; Visage premier (1972) ; Cérémonial de la violence (1976) qui dénonce la guerre qui ravage le Liban. Dans son œuvre de romancière, on retrouve toutes les qualités de sa poésie. Le sommeil délivré (1952) ; Le sixième Jour (1960), qui sera porté à l’écran par Youssef Chahine ; Les Marches de sable (1981). Tous les livres d’Andrée Chédid sont habités d’une foi profonde en l’homme, d’un espoir que l’on rencontre par ailleurs dans ses nouvelles et dans son théâtre. 

La pièce

Gynn, femme de passage et d’aujourd’hui, cherche à s’affranchir de la toute puissance de Mattaa (La déesse Lare). Façonnée par des siècles de femmes dont Mattaa est la toute puissance incarnation, Gynn tentera de sortir de l’ornière. Un long combat entre Gynn et Mattaa, l’une voulant s’échapper, l’autre voulant la retenir. A ses côtés, Mann, troublé, ne sait s’il doit tendre ou retirer la main à cette femme inconnue, encore à naître, dont il appréhende malgré tout la venue.

Au générique

Mise en scène : Christian Magnani

Comédiens            : Guylaine Droullé/ Véronique Mangenot/ Etienne Guillot/ Olivier Piechascyk/ Gonzague Flutsch et Jean-Sébastien Iung (en alternance)

Scénographie            : Patrick Grandvuillemin

Costumes                 : Sandra Comolli

Lumières                  : Jérôme Poinsignon

Note de mise en scène

Le point de départ de cette création est, somme toute, assez banal mais… chanceux. Coup de fil à un éditeur : « Nous venons de lire ‘Echec à la Reine’ et des poèmes d’Andrée Chédid. Nous souhaitons monter l’une de ses pièces, serait-il possible de la rencontrer ? » Longue conversation téléphonique où nous parlons de nos envies, de nos expériences diverses… « Je vous communique son numéro de téléphone et son adresse, appelez-là ! » Comment l’aborder ! Le Berliner Ensemble a accueilli ‘Le Montreur’ monté par la Comédie Française ; Bernard Giraudeau lit ses textes et Youssef Chahine à porté l’un de ses romans à l’écran… sera t’elle sensible à nos arguments ?

« Bonjour madame… nous sommes les Crieurs de Nuit ». En un rien de temps, nous découvrons une femme merveilleuse et stimulante, à l’écoute et prête à nous rencontrer. Quelques jours se passent… « Bonjour Christian, je vous propose un texte encore inachevé, dites moi ce que vous en pensez. » Nous ouvrons la boîte aux lettres : titre ‘La Déesse Lare’. Réunion de l’équipe, nous lisons, nous travaillons au projet ; c’est fascinant, mais il reste des choses à revoir, à approfondir… « Je suis toute disposée à le faire ! »

Lorsque l’on reçoit une réponse comme celle là d’Andrée Chédid, on poursuit l’aventure avec force, détermination et… espoir.

Comme la plupart des écrits d’Andrée Chédid, la Déesse Lare est un texte qui procède par images, qui repose en grande partie sur des symboles, où la poésie là aussi tient une place importante. Les mots s’articulent bien, ils font une résonance, il y a un plaisir certain à les dire. D’emblée il nous faut prendre une distance afin de ne pas tomber dans le piège d’un « lyrisme exacerbé », veiller à un décor sobre, lisible, pour ne pas obstruer la perception du spectateur. Musique, danse, éclairages jouent eux aussi un grand rôle. Celui de souligner encore plus le combat entre deux entités : Gynn et Mattaa. Passé et présent. Et le rapport de force auquel se livrent ces deux personnages, rapport violent dans les mots et les regards.

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