Un Riche trois pauvres

Louis Calaferte

1998

       
Compagnie

L’auteur 

Louis Calaferte est né en 1938 dans les faubourgs de Turin. Sa famille immigra en France, à Lyon, où il passa son enfance dans la zone. Il chercha la lumière au cœur de la misère, de la violence, du sexe et du sang. Ses récits littéraires sont marqués par son aventure intérieure : « Mon travail n’est en fait qu’un journal déguisé. » Il plaçait l’existence comme seul fondement de la création, de la réflexion, de la connaissance. Tout ce qui n’était pas basé sur l’expérimentation, sur le ‘vrai expérimenté’, relevait pour lui de la malhonnêteté, de l’imposture. Censuré, interdit par ceux qui ne soulignèrent que le côté sombre de son œuvre – noirceur, misanthropie, pornographie – Louis Calaferte reçut le Grand Prix National des Lettres en 1992 et fut nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 1993 par ceux qui reconnurent l’autre versant de sa pensée : spiritualisme, mysticisme, célébration de la beauté. Louis Calaferte est décédé le 2 mai 1994.  

La pièce 

Un riche, trois pauvres a été écrit en 1986. Calaferte y expose une multitude de personnages à travers diverses situations. Son sens de la dérision et la violence de son expression s’entremêlent dans des visions, politiquement incorrectes, de l’espèce humaine. Dérision, violence, humour, poésie, exubérance et désespoir… se croisent dans des scènes de vie, sur un rythme élevé et chaotique.  

Au générique 

Mise en scène                 : Didier Villermin  

Comédiens                     : Véronique Mangenot /Christian Magnani /Etienne Guillot  

Scénographie et lumières : Louis Taulelle  

Costumes                       : Daniel Trento /Dominique Delor

Animations                     : Cyril Renaudin /Grégory Pattyn /Christophe Hausermann /David Meier

Décor                             : Pierre Walter

Note de mise en scène 

Si cette pièce est un divertissement, elle se reçoit aussi comme une gifle, une réflexion profonde, même inconsciente, sur les rapports humains et sur notre volonté de vivre en société, malgré les absurdités de notre système et la destiné fatale de nos existences. Le rire y est grinçant, le sens de la dérision et la violence de l’expression de Calaferte sont omniprésents. Nous avons axé notre travail sur le déséquilibre. Une asymétrie qui viendrait troubler notre besoin d’harmonie, la symétrie établie. Les systèmes mis en place par les classes dirigeantes ont toujours motivé les habitants de ces systèmes à rechercher un équilibre parfait, d’ordre rédempteur. Mais cet équilibre est-il en accord avec la nature humaine ? Nous avons cherché ce déséquilibre dans les liens qui relient les personnages, à l’intérieur de chaque situation de manière exclusive et à la fois au système qui englobe ces situations. Ainsi, au fil des répétitions s’est insérée dans notre espace la présence d’une corde, image de la règle imposée par un système donné. Elle relie autant qu’elle entrave. Elle rassure autant qu’elle agresse. Plonger dans l’univers de Calaferte, c’est travailler à cœur ouvert, s’écarter du sens commun, s’approcher au plus près du magma de genre humain.  

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